
Depuis
l’antiquité grecque, l’humanité n’a cessé
de se poser des questions sur cette unique survivante des sept merveilles du monde.
À quelle fin fut-elle construite? Si c’est un tombeau, pourquoi n’y
a-t-on jamais trouvé ni symboles, ni attributs royaux, ni surtout une momie
royale? Et comment fut-elle édifiée? Étant donné les
techniques des bâtisseurs de l’époque, comment expliquer l’admirable
précision de sa construction, son orientation presque parfaite par rapport
aux quatre points cardinaux? Si, dans sa conception même, la Grande pyramide
matérialise des notions mathématiques et astronomiques complexes,
comment ses constructeurs ont-ils acquis ces connaissances tellement en avance
sur les autres civilisations? Ce monument posséderait-il des pouvoirs surnaturels,
au-delà de la science? Si les archéologues s’intéressent
à cet édifice d’un strict point de vue historique, les autres
chercheurs peuvent généralement se classer en trois écoles
de pensées. La première, et la plus répandue, affirme que
la pyramide de Kheops représente un système universel de mesures
et que ses dimensions mêmes immortalisent des archétypes d’unités
de longueur, voire du temps. La deuxième école considère
la pyramide essentiellement comme un gigantesque cadran solaire et comme un observatoire
astronomique. Enfin, la troisième école, plus aventureuse, spécule
que la forme pyramidale pourrait mystérieusement contribuer à la
croissance des plantes, prolonger la conservation des aliments et même affûter
les lames de rasoir usées.

Énigmatique
et majestueuse, la pyramide de Kheops surgit du plateau de Gizeh, à une
quinzaine de kilomètre du Caire. Les chiffres ne peuvent donner qu’une
faible idée de sa taille gigantesque: 5 ha de surface à la base,
2,3 millions de blocs de calcaire, en moyenne de 2,5 tonnes chacun. La Grande
pyramide et les autres qui se dressent à proximité sur le plateau
furent construites au cours de la période égyptienne dite de la
IVe Dynastie, entre 2613 et 2494 avant notre ère
Le premier à
avoir étudié la pyramide fut l’historien grec Hérodote.
Il se rendit à Gizeh, au Ve siècle avant notre ère, la pyramide
avait alors déjà deux mille ans, et il décrivit la construction
d’après ses entretiens, sur place, avec des égyptiens. Il
ne put pénétrer à l’intérieur (l’entrée
était cachée). Ce n’est qu’en l’an 820 qu’un
Arabe, Al-Mamum, trouva l’entrée de la pyramide. Après avoir
pénétré la pyramide, lui et son équipe furent arrêté
par des blocs de granite. Ils percèrent les blocs voisins de calcaire plus
tendre. Ils se trouvèrent dans un couloir montant et fort bas, que coupait,
en haut, un passage horizontal. Après avoir visité la pyramide,
ils ne trouvèrent qu’un sarcophage vide dans la chambre du Roi. Ou
bien ce sarcophage vide était tout ce que cette chambre eût jamais
contenu, ou bien des voleurs l’avaient pillée depuis longtemps. Mais,
s’ils s’étaient introduits aussi avant dans la pyramide, comment
avaient-ils fait pour franchir les blocs de granite?
Pour conclure
sur la pyramide, il serait intéressant de parler de la malédiction
de Toutankhamon. En novembre 1922, après quinze ans de fouilles dans la
Vallée des Rois, au sud du Caire, l’égyptologue Howard Carter,
accompagné de son commanditaire George Edward Herbert, compte de Carnavon,
descella l’entrée d’un tombeau souterrain et mit au jour un
admirable ensemble de vases, de chars, de trônes et de bijoux: le trésor
funéraire du pharaon Toutankhamon. Mais le triomphe des fouilleurs n’alla
pas sans difficultés. Des hiéroglyphes, disait-on, menaçait
de vengeance les profanateurs. Un cobra, symbole égyptien de royauté,
dévora le canari de Carter. Les fouilles se poursuivirent néanmoins
toute l’année suivante, jusqu’à ce qu’on découvrit
la chambre renfermant le sarcophage même de Toutankhamon. Mais lord Carnavon
n’était plus là pour le voir: il avait succombé, quelques
mois plus tôt, à un empoisonnement du sang. Certains ne manquèrent
pas d’affirmer qu’il avait été, en fait, victime de
la malédiction du pharaon.