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HERA - JUNON

Héra (Hra) est la reine de l'Olympe, femme et sœur de Zeus avec qui elle partage la domination de la nature entière; On l'a identifié avec Junon des Romains.

C'est la protectrice par excellence, de la femme et la déesse du mariage légitime, la protectrice de la fécondité du couple et,particulièrement, avec Ilithye, de la femme en couches. : elle avait le pouvoir de conférer le don de prophétiser à l'homme ou à l'animal de son choix. Elle avait des temples dans presque tous les pays grecs.

Son type plastique est peu caractérisé; debout ou trônant, elle porte avec beaucoup de majesté les attributs royaux traditionnels : le sceptre et le diadème ; sa tête recouverte de voiles est le symbole du mariage. Parfois même, elle tient dans l'une de ses mains la pomme de grenades, emblème de la fécondité. Le paon est l'animal qui lui est consacré en souvenir d'Argos, dont elle prit les cent yeux, lorsqu'il eut été tué, pour les placer sur le plumage


La légende la donnait pour fille de Cronos et de Rhéa ; Héra, fille de Cronos et de Rhéa, qui était née dans l'île de Samos, ou, selon certains, à Argos, fut élevée en Arcadie par Téménos, fils de Pélasgos.

Junon par MOREAU

Les Saisons étaient ses nourrices. Après avoir exilé leur père Cronos, Zeus, le frère jumeau d'Héra, la chercha à Cnossos en Crète, ou, selon certains, au mont Thornax en Argolide où il la courtisa, d'abord sans succès. Mais elle eut pitié de lui lorsqu'il adopta le déguisement d'un coucou mouillé et elle le réchauffa tendrement dans son sein. Il reprit alors aussitôt sa véritable apparence. Elle eut tellement de honte qu'elle se maria avec lui.

Tous les dieux apportèrent des cadeaux pour le mariage. La Terre-Mère, notamment, donna à Héra un arbre couvert de pommes d'or, qui par la suite fut gardé par les Hespérides dans le verger d'Héra sur le mont Atlas. Elle et Zeus passèrent à Samos leur nuit de noces qui dura trois cents ans.

D'Héra et de Zeus naquirent les dieux Arès, Héphaïstos et Hébé bien que certains prétendent qu'Héphaïstos était aussi son fils par parthénogenèse, prodige qu'il ne voulut pas croire jusqu'à ce que, l'ayant emprisonnée dans une chaise mécanique dont les bras se repliaient et serraient celui qui était assis, il l'eût contrainte à jurer par le Styx qu'elle ne mentait pas.

De traditions multiples la montrent combattant les géants, troublant l'Olympe de ses jalousies et de ses querelles avec Zeus;un jour, lassée de ses infidélités elle fromanta avec Poséidon, Apollon et tous les autres habitants de l'Olympe, excepté Hestia une révolte. Ils l'entourèrent par surprise tandis qu'il était endormi sur sa couche, l'attachèrent avec des lanières de cuir et firent cent nœuds afin qu'il ne puisse plus bouger. Il les menaça de les tuer sur-le-champ mais ils avaient mis la foudre hors de sa portée et se moquèrent de lui.

Tandis qu'ils célébraient leur victoire et discutaient âprement pour savoir qui serait son successeur, Thétis la Néréide, prévoyant une guerre civile dans l'Olympe, se hâta d'aller chercher Briarée aux cent bras qui défit promptement les lanières, se servant de toutes ses mains à la fois et libéra son maître. Comme Héra était à l'origine de la conspiration dirigée contre lui, Zeus la suspendit dans le ciel, une chaîne d'or attachée au poignet et une enclume à chaque cheville. Les autres dieux étaient furieux mais n'osaient pas lui porter secours malgré ses cris déchirants. A la fin, Zeus se décida à la libérer à une condition: qu'ils fassent le serment de ne plus jamais s'insurger contre lui; ils obéirent à contrecœur.

Elle aida des divinités, ou des héros (les Argonautes, Pâris et les combattants de la guerre de Troie) ou contrecarra d'autres (Héraclès, Dionysos, Europe, Io).

Il lui arriva aussi d'être l'objet des assiduités des hommes, tels le Géant Porphyrion et Ixion.


Héra a été très souvent représentée par les artistes grecs. Primitivement, on lui donnait la forme d'un tronc d'arbre, d'une colonne, puis d'un xoanon. Ensuite, se constitua le type archaïque d'Héra : c'est une femme aux traits rigides, à la chevelure ondulée et coiffée du polos, vêtue d'une longue tunique. Au Vième siècle Phidias, Alcamène, Kolotès, Polyclète créèrent un type nouveau : on s'attacha surtout à donner à la déesse une attitude pleine de noblesse.

Sources


Apollodore, Bibliothèque: I,3,1 ; I,3,5 ; I,4,1 ; I,6,2 ; I,9,22 ; I,9,25 ; III,5,11 ; III,7,1 ; III,6,7 ; III,13,5
Hésiode, Théogonie: 921
Homère, Iliade: I,399 ; V,392 ; V,721 ; V,889 ; VIII,400 ; XI,270 ; XIV,153 ; XV,14 ; XVIII,119 ; XIX,96 ;
Homère, Odyssée: XI,603
Pausanias, Périégèse: II,13,3 ; II,17,4 ; II,36,2 ; VIII,22,2

Article extrait de http://grenier2clio.free.fr/grec/index.htm

 

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